• L'alcoolisme avant les drogues médicales

    une consommation chronique d’alcool amène progressivement une « hypersensibilité » des récepteurs NMDA au glutamate ainsi qu’une « désensibilisation » des récepteurs GABAergiques. C’est ce type d’adaptation qui causerait l’état d’excitation caractéristique du sevrage à l’alcool.
     
    Depuis 1849 une maladie : l’alcoolisme, connue autrefois sous le nom d’ivrognerie, est reconnue du monde médical. Depuis 1960 cette maladie, définie par une dépendance définitive et incurable aux boissons alcoolisées, est caractérisée par une perte du contrôle de la consommation et un besoin obsédant d’alcool. La maladie alcoolique entraîne une perte de la liberté de boire modérément et ne connaît qu’un seul traitement : l’abstinence totale et définitive. Cette conception ne repose pas sur des données expérimentales mais sur une expérience clinique. Elle n’a jamais été mise en cause par les institutions médicales, mais elle est contestée par les spécialistes des sciences humaines et par une partie de ceux qui soignent les sujets atteints d’une addiction.
     
    Alcoolisme : une maladie ?
    Dans son livre Is Alcoholism Hereditary? (L’alcoolisme est-il héréditaire ?), le psychiatre Donald W. Goodwin, M.D., s’interroge sur la définition du mot maladie et conclut :  » Les maladies sont un ensemble de phénomènes pour lesquels les gens consultent des docteurs… Les médecins sont consultés pour un problème d’alcoolisme et par conséquent l’alcoolisme devient, selon cette définition, une maladie. » (Ballantine Books, 1988, p. 61). Si nous acceptons cette définition, il suffirait que certains patients aient, pour une raison quelconque, consulté leur médecin sur la question de comment sortir de la récession économique ou sur celui de comment résoudre un désaccord entre époux ou entre deux pays, pour que ces problèmes se voient alors eux aussi qualifiés de maladies.

    POURQUOI L’ALCOOLISME N’EST PAS UNE MALADIE
    Le discours dominant sur l’alcoolisme tenu par la communauté médicale nord-américaine et repris par les Alcooliques Anonymes à travers le monde soutient que la personne dépendante est en fait une personne malade. Cette conception pathologique du phénomène des dépendances a des effets pervers non seulement sur l’individu en question mais aussi sur ses proches et son milieu social. Prétendre ainsi que l’alcoolisme est une maladie devant laquelle la personne est en perte de contrôle (une fois alcoolique, toujours alcoolique), c’est affirmer d’avance l’échec d’un individu à pouvoir se reprendre en main et considérer que la seule prescription possible est l’abstinence totale. La médicalisation de l’alcoolisme contribue ainsi à déresponsabiliser et à déculpabiliser l’individu et son réseau socio-familial en en lui offrant pas les moyens réels de s’en sortir.
    Au contrôle toujours croissant de l’approche médicale, l’auteur oppose une approche qui met en valeur les compétences des êtres humains et leur capacité de procéder à des changements dans leur style de vie, et dans leur milieu social, familial et professionnel. En privilégiant une approche fondée sur la réduction des méfaits, l’auteur réussit à démontrer que l’accompagnement personnel ou thérapeutique des individus souffrant de dépendances est possible et constitue une avenue viable et durable. Ce livre veut susciter une prise de conscience pour que de nouvelles approches s’inspirent plus des forces des individus que de leurs faiblesses.
     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :